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Sculptures
Michèle TRÉDÉ
Michèle GRIVEAU-THIERREE
Laurent MUSTEL
Danielle YVETOT
Gaëtane DECHAUFOUR
Catherine MONTHULÉ
Yvelise HOLOPHERNE
Gilda CAMPANELLA-BORDAS
Jaime LIQUITO
Maxime PLANCQUE
Caroline SUDRE
Karla SCHOPPE (peinture-sculpture)
Murielle VISSAULT
Annie-Claude FERRANDO
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Marc CHIASSAÏ
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THEO
Jean-François GLABIK
Jaime LIQUITO
Monique ORI
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Catherine MONTHULÉ
GILDA
Isabelle ZEO
Bertrand de GRAVÉE
Stéphane GIMMY
Jean-Paul BEGOT
JURGA
Eric DESBOUIS
Christine LARIVIÈRE

2017
novembre - Caty BANNEVILLE
octobre - Yves GUEZET
septembre - Gaston HÉLIE
juillet - Armelle NORMAND
juin - Anne-Marie HOUDEVILLE
mai - Maryse PIERI
avril - Eric DELACOUR
mars - Christian RONCERAY
février - Jean SALOU
janvier - Julia LEGOUX

2016
décembre - Jean-Pierre LE FÈVRE
novembre - Jean-Luc LANGLOIS
octobre - Jean-Claude QUINETTE
septembre - Patrick WARAVKA
juillet - Thierry CITRON
juin - Denis HERNANDEZ
mai - Roger COURTOIS
avril - Jean-Pierre FRUIT
mars - Pierre COUCHAUX
février - László MINDSZENTI
janvier - DESSINS

2015
décembre - Bernard ORANGE
novembre - Jane PLANSON
octobre - Régis MARÉCHAL
septembre - Agnès HÉMERY
juillet - Marthe MOTTET
juin - REGISS
mai - VANDI
avril - René VARDON
mars - Bernard SOREL
février - Eliane PRADEL
janvier - Gérard BEAUJARD

2014
décembre - Yvelise HOLOPHERNE
novembre - Gaston HELIE
octobre - Anne-Marie HOUDEVILLE
septembre - Claude QUIESSE
juillet - Henri THOMAS
juin - Jean-Serge SEILER
mai - ANDRE LE NOIR
avril - Thierry CITRON
mars - Emmanuel JULIEN
février - Marie-Ange MOIGNOT-LEHEC
janvier - Pierre GODET

2013
décembre - Michel MARGUERAY
novembre - Martha KOLODZIEJ
octobre - Eric DESBOUIS
septembre - Roger COURTOIS
août - Vacances 2013 / Holidays 2013
juillet - Michel CLOS
juin - Nicole MARC
mai - JURGA
mai - Benedicte DEVILLERS
avril - Dominique BRETON
mars - Alexandra JEANNE-VALES
février - Jean SALOU
janvier - Jean-Pierre DAUBIN

2012
décembre - Francoise LEMAITRE-LEROUX
novembre - Julia LEGOUX
octobre - Emmanuel DILHAC
septembre - J-F. CONTREMOULIN
août - Vacances 2012 / Holidays 2012
juillet - Jacqueline LEMAITRE
juin - REGISS
mai - Michel LARIVIERE
mai - Christine LARIVIERE
avril - TRACY
mars - Gaston HELIE
février - Jean-Serge SEILER
janvier - Pierre GODET

2011
décembre - Bernard ORANGE
novembre - Michel MARGUERAY
octobre - Jane PLANSON
septembre - Jean-Pierre LE FEVRE

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BERNARD ORANGE A CAEN

Bernard ORANGE, qui vit et travaille à Cherbourg, fait partie des peintres auxquels nous accordons une attention privilégiée. Véritable cas d'espèce, cet autodidacte inspiré et pétri d'humour noir a su créer une écriture qui le démarque d'un certain nombre de ses confrères. Ayant opté pour l'encre et l'acrylique sur toile après avoir longuement testé sa technique sur papier, il a fait naître un univers à nul autre pareil. Son style graphique et narratif, que d'aucuns rapprocheraient de l'esprit de la bande dessinée, lui permet d'exprimer ses rêves et ses colères, non sans une certaine causticité parfois. Mais le rire, qui si souvent nous sauve du désespoir, affleure dans la plupart de ses tableaux où l'arbre, puissamment chargé de symboles, s'inscrit de façon récurrente. La figure de l'oiseau, non moins allégorique, est tout aussi présente. L'un et l'autre ont affaire à l'arrogante bêtise de l'homme, prédateur dont l'extrême myopie crée plus de problèmes qu'elle n'en résout. Les dommages qu'elle cause à la terre, l'exploitation dévastatrice des ressources de la planète font partie des thèmes majeurs et favoris du peintre, écologiste convaincu dont le passé professionnel témoigne d'une bonne connaissance des problèmes liés à l'énergie dont nous tenons, nous assène-t-on, notre si fière indépendance. Mais à quel prix pour le futur ?
Adepte de Prévert, qu'il eut la chance de rencontrer, Orange cultive l'art des titres et du jeu de mot, n'hésitant pas, à l'occasion, à placer un poème en vis-à-vis d'une œuvre :

Dans les cieux il y a
Des grands oiseaux
Qui volent haut
Très haut
Très haut et très simplement


Sur la terre il y a
Des petits messieurs

Qui volent bas
Très bas et très lourdement

Cette formule pleine de saveur donne le ton de l'exposition. Sur les cimaises de la Galerie Art-Culture-France à Caen, pas moins de 43 œuvres parfaitement mises en valeur emmènent le visiteur dans ce monde ubuesque et pourtant poétique. Il faut du temps pour faire un arbre, mais il suffit de quelques secondes pour l'abattre à la tronçonneuse. C'est cela, dit-on, le progrès. Et l'on se plaît à croire qu'un sursaut de sagesse viendra peut-être de cette peinture avant que l'homo sapiens sapiens n'ait totalement souillé et détruit ce qui l'entoure.

Luis PORQUET ¯ Les Affiches de Normandie



A propos de cette exposition Bernard ORANGE, Galerie Art-Culture-France, je me retrouve vraiment étonné devant ses tableaux. On va me rétorquer que je répète toujours le même refrain, mais ce n'est quand même pas de ma faute si, actuellement, bon nombre d'artistes manifestent une audace créatrice que l'on croyait en d'autres temps réservée à l'abstraction ou à l'Impression.

D'abord, Bernard ORANGE est un excellent dessinateur et un superbe et subtil coloriste. Ce serait sans doute un bon talent modeste en l'état. Mais voilà, son intelligence a pris les choses en main, ne cesse de bouleverser la donne et le conduit avec maestria vers un réalisme qu'excite l'irréel de la pensée. En traits alertes et finement précis, chaque tableau de Bernard ORANGE est un conte cruel ou serein que gère une nature transcendée par la poésie et où s'ébattent de mystérieux personnages affairés vers l'inconnu dans la belle fluidité chromatique et l'entrelacs audacieux de la composition.

Nature, saisons, bestiaire, mécaniques et êtres s'échappent ainsi du raisonnable et des lendemains de fêtes, avec tout ce que cela comporte de relents inquiets, tragiques ou inhabituels créés par cette réalité onirique néanmoins révélatrice de multiples et fines séductions.

André RUELLAN, critique d'art


Une œuvre arborescente

Voilà un peintre rare, habité par un univers qu'aucun regard n'est en mesure d'épuiser en une seule fois, un monde en perpétuelle expansion qui embrasse la complexité du champ même de l'humanité, du vivant oserai-je dire, bref un espace de réflexion où la dérision le dispute à la poésie la plus dense et baroque.

Au commencement était le point... C'est par lui qu'Orange eût accès au style original qu'il s'est forgé jour après jour. Il en eut la révélation en 1978, en s'exerçant sur une planche anatomique. Il avait dessiné un cœur. En multipliant les artères, les veines et les veinules qui en sortaient, il lui donna progressivement l'aspect d'un baobab. A l'époque, le peintre, se limitait au noir et blanc. Cette expérience dura quelques années. Ce n'est que bien plus tard que la couleur fit son apparition, embrasant peu à peu l'atmosphère de ses tableaux. En 1981, le passage au portrait confirma l'intuition du peintre. Utilisant un point très fin, il s'aperçut très vite que de multiples personnages surgissaient du sujet initial, un peu à la manière des « centaures marsupiaux » de Dali. Fasciné par l'inexplicable, Bernard Orange trouva progressivement l'assise, la colonne vertébrale de son travail à venir, sa « structure mentale » comme il dit.

L'arbre est (et demeure) un support permettant un délire total et quelque peu jubilatoire. Cet arbre, devenu emblématique pour lui, il en explora jusqu'à la section, faisant apparaître dans les cercles concentriques du bois une foule de personnages fantomatiques et quelque peu inquiétants, comme peut l'être la division incessante d'une cellule mère. L'idée de prolifération est inhérente à l'œuvre de Bernard Orange, qui peut à l'occasion se révéler caustique et n'a de cesse d'interroger le sens même de l'existence, l'énigme insoluble du temps qui souvent fait de nous de simples fétus de paille. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Son univers dénonce l'absurdité galopante du monde moderne, où l'homme est écrasé par ses propres inventions, où des oiseaux mutants semblent tout droit sortis des cavernes de la préhistoire, où le temps lui-même se donne comme une présence presque angoissante. Venant de l'intérieur même de la toile, une lumière rassurante fait apparaître une brèche dans le paysage, une issue bienfaisante peut-être ? Dans cet exercice continuel, pour reprendre l'expression du peintre, Orange se met un peu en posture de méditation, en état d'analyse critique.

Mais n'allons pas nous en étonner, ce domaine chimérique aux composantes enchevêtrées, aux corps ductiles, à l'érotisme exacerbé, ce monde protubérant, arborescent est bel et bien le nôtre. Onirique ou menaçant, il n'est jamais que le reflet des images qui nous traversent à la vitesse de la pensée. Il recèle, Dieu soit loué, quelques brèches par lesquelles notre liberté peut heureusement s'ébattre.

Luis PORQUET, écrivain - critique d'art



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Exposition en cours
du 2 au 28 novembre 2017

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